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L'audiodescription

L'audiodescription dit ce que l'image montre et que la bande son tait, dans les silences du dialogue. Quand elle est nécessaire, quand elle ne l'est pas, et pourquoi une transcription ne la remplace pas.

5 critères RGAA en jeu

Essayez-la

Plan 1 sur 4 0:04

Le panneau de l'extension s'ouvre à droite de la page auditée ; le critère 1.1 est en tête de la liste.

Audiodescription

Ce qu'on entend

  • « Commençons par ouvrir l'extension sur la page à auditer. »

Informations visibles seulement à l'image et restituées par le son : 0 sur 4.

Perdu en chemin : où le panneau s'ouvre ; que le bouton de capture n'apparaît qu'après le choix « Non conforme » ; ce que dit le message d'erreur ; l'adresse affichée à la fin.

Masquez l’image, puis parcourez les quatre plans sans audiodescription : c’est ce que reçoit quelqu’un qui n’a que la bande son. Passez ensuite en audiodescription standard, et regardez le plan 0:26 — le silence n’y fait que deux secondes, la description n’y tient pas, et l’information tombe. Seule la version étendue, qui met la vidéo en pause, la fait passer.

Cette démo existe aussi en page autonome.

L’erreur courante

Une transcription publiée sous la vidéo, et le dossier considéré comme clos.

<!-- À ne pas faire : ceci ne répond pas au critère 4.5 -->
<video src="tutoriel.mp4" controls></video>

<h2>Transcription</h2>
<p>« Commençons par ouvrir l'extension sur la page à auditer. » …</p>

L’erreur est d’autant plus tenace qu’elle est à moitié juste. Pour une vidéo sonore, le critère 4.1 accepte soit une transcription textuelle, soit une audiodescription synchronisée : la transcription suffit à le satisfaire. Mais le 4.5 ne laisse pas ce choix — il demande une audiodescription, et rien d’autre ne le règle.

Et la différence n’est pas qu’administrative. Une transcription se lit à la place de la vidéo, après coup, en quittant la lecture. L’audiodescription s’écoute avec elle, au moment où l’action se produit, à la même vitesse que tout le monde. Quelqu’un qui suit un tutoriel en le refaisant n’a pas la même tâche selon qu’il écoute ou qu’il fait des allers-retours vers un texte.

Trois variantes du même malentendu :

  • Les sous-titres. Ils restituent ce qui est dit, jamais ce qui est montré. Une vidéo sous-titrée reste inutilisable pour qui ne voit pas l’écran.
  • La description écrite à côté de la vidéo (« Ce que montre la séquence : … »). Elle n’est pas synchronisée : c’est une transcription partielle, elle relève du 4.1, pas du 4.5.
  • Décider qu’elle n’est pas nécessaire sans avoir regardé la fin. Les cinq dernières secondes affichent souvent une adresse, un numéro ou une date que personne ne prononce.

Le code, pas à pas

1. La question préalable : que perd-on les yeux fermés ?

Ce point ne s’écrit pas en HTML, et c’est pourtant le seul qui décide. Regardez la vidéo entière sans l’écran. Si vous en tirez la même chose qu’en la regardant, il n’y a rien à faire — le glossaire du référentiel le dit dans sa note 3 : « lorsque toute l’information de la vidéo est déjà donnée dans la piste audio, aucune audiodescription supplémentaire n’est requise ».

Trois situations où elle manque presque toujours :

  • une démonstration à l’écran — un logiciel, un formulaire, un geste que le commentaire suit sans le décrire (« et là, vous cliquez ici ») ;
  • un texte incrusté — un chiffre, un nom, une adresse, un carton de titre ;
  • une action muette — un plan sans parole où quelque chose se passe.

À l’inverse, la vidéo d’un intervenant face caméra qui dit tout ce qu’il montre n’en appelle pas. Notez-le dans le rapport plutôt que de conclure à une non-conformité : c’est un constat, il doit être vérifiable.

2. Écrire la description : dans les silences, et rien que l’utile

Le script s’écrit à côté du minutage, silence par silence.

0:12–0:18  (aucune parole)
           « Le statut passe à Non conforme ; un bouton Ajouter une capture
             apparaît sous la carte. »
0:40–0:43  après « on se retrouve pour la suite »
           « À l'écran : rgaa point dev, barre oblique, extension. »

Ce qui se décrit, la définition officielle le liste : « les actions, les personnages, les changements de scènes, du texte apparaissant à l’écran et d’autres contenus visuels ». Ce qui ne se décrit pas : l’ambiance, la couleur des murs, ce que le son dit déjà. Le temps est compté — chaque seconde prise au décor est une information perdue.

Deux règles pratiques : la description ne recouvre jamais le dialogue, et elle arrive avant ce qu’elle annonce quand c’est possible, pas trois secondes après que l’utilisateur a entendu un clic sans savoir sur quoi.

3. La servir : une piste, ou une seconde version

Le référentiel accepte les deux formes. La plus répandue, et la plus sûre, est une seconde version de la vidéo dont la bande son porte déjà la description :

<video src="tutoriel.mp4" controls></video>
<p>
	<a href="/videos/tutoriel-audiodecrit">Voir la version audiodécrite du tutoriel</a>
</p>

Le lien compte autant que la vidéo. Il doit être adjacent au média et dire où il mène : « version audiodécrite », pas « Vidéo (2) » ni « Autre version ». C’est ce que vérifie le critère 4.7, et c’est ce qui décide si la personne concernée trouve la version qui lui est destinée.

L’autre forme est une piste déclarée sur la vidéo :

<video src="tutoriel.mp4" controls>
	<track kind="descriptions" src="description-fr.vtt" srclang="fr" label="Audiodescription" />
</video>

Sachez ce que vous achetez : les navigateurs ne lisent pas cette piste d’eux-mêmes. C’est un fichier texte, qu’un lecteur doit prendre en charge et faire vocaliser. Déclarée sans un lecteur qui la traite, elle n’est entendue par personne — et une piste descriptions présente dans le code ne prouve donc jamais qu’il existe une audiodescription.

4. La version étendue, quand les silences ne suffisent pas

Un commentaire continu ne laisse pas de place. Deux issues honnêtes : remonter le montage pour ménager des silences, ou passer à une audiodescription étendue — la lecture se met en pause, la description se dit en entier, la vidéo repart.

Le RGAA ne l’exige pas : elle correspond au critère de succès WCAG 1.2.7, de niveau AAA, hors du périmètre d’une mise en conformité. C’est une solution quand la forme standard ne tient pas, pas une obligation de plus.

5. Le bouton d’activation fait partie du lecteur

Si l’audiodescription s’active dans le lecteur, ce contrôle est une fonctionnalité du média comme les autres : atteignable à la tabulation, activable au clavier, avec un état annoncé.

<button type="button" aria-pressed="false" id="ad">Audiodescription</button>

L’intitulé reste fixe et c’est aria-pressed qui porte l’état — un bouton dont le texte bascule entre « Activer » et « Désactiver » se laisse annoncer au moment où il change, et devient ambigu ensuite.

Au clavier

L’audiodescription n’a pas de clavier propre : ce qui en a, c’est le lecteur qui la sert. Avec le lecteur natif du navigateur, le focus posé sur la vidéo :

ToucheEffet
TabAtteint la vidéo, puis chacune de ses commandes — dont le bouton d’audiodescription, s’il existe.
EspaceLance ou suspend la lecture de la vidéo qui a le focus.
Reculent ou avancent dans la vidéo ; le pas dépend du navigateur.
Entrée / EspaceSur le bouton d’audiodescription : bascule la piste, la lecture se poursuit au même point.

Un lecteur maison remplace tout cela par ses propres commandes : c’est alors à lui de rendre chacune atteignable et activable au clavier.

Ce que le lecteur d’écran restitue

Sur le média et ses commandes : le nom, la nature, l’état — « Déclarer une non-conformité, tutoriel vidéo », puis « Audiodescription, bouton non pressé ».

L’audiodescription elle-même, en revanche, n’est pas restituée par le lecteur d’écran : c’est un son dans le média, pas du texte dans la page. On ne la vérifie donc pas en lisant le code ni en écoutant la synthèse vocale — on l’écoute, écran éteint, du début à la fin.

Si vous n’entendez que « vidéo » sans nom, c’est le texte adjacent qui manque (critère 4.7). Si le bouton d’audiodescription ne dit pas son état, aria-pressed manque. Et si vous entendez tout ce qu’il faut sans jamais activer la piste, c’est que la vidéo n’avait pas besoin d’audiodescription.

Checklist

  • Regarder la vidéo sans l’écran avant de décider qu’elle n’en a pas besoin.
  • Décrire ce que le son ne dit pas : actions, texte incrusté, changements de scène.
  • Loger la description dans les silences, jamais par-dessus le dialogue.
  • La servir par le média lui-même ou par une version alternative liée à côté.
  • Nommer chaque version dans le texte adjacent : « version audiodécrite ».
  • Rendre le bouton d’activation atteignable au clavier, son état porté par aria-pressed.
  • Ne jamais compter une transcription, ni des sous-titres, comme une audiodescription.

Les critères RGAA en jeu

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Pour aller plus loin

Sources